
Stratégie de lutte contre la varroose
Il y a nécessité en matière de lutte anti-parasitaire de pratiquer une alternance, de changer de molécules dans l’utilisation des différents acaricides, soit sur une même année, soit sur un rythme annuel ou pluriannuel. Ne pas répéter l’erreur commise avec l’utilisation prolongée du tau fluvalinate (Apistan®). Les substances de la famille des pyréthrinoïdes (tau fluvalinate, fluméthrine) ne doivent d’ailleurs être utilisées que tous les 3 ou 4 ans. Il est utile de faire régulièrement des contrôles du niveau d’infestation, par exemple par observation de la mortalité naturelle de varroas (utilité des plateaux grillagés). Au début de l’été, au-delà de 10 varroas/jour sur le lange graissé glissé sur le fond de la ruche, il faut traiter très rapidement (en absence de hausse).
Une méthode de lutte en 2 phases, après la récolte, est conseillée :
- Traitement pour abaisser rapidement la pression du parasite,
- Puis traitement hors présence de couvain si nécessaire.
2.1 – Phase 1 : Traitement pour abaisser la pression du parasite
Il doit être réalisé le plus tôt possible après la dernière récolte d’été. Ce traitement a pour but d’abaisser le seuil d’infestation des colonies pour éviter qu’elles ne s’écroulent, et leur permettre de produire les abeilles d’hiver dans de bonnes conditions.
Contrôle de la population de varroas résiduelle
Il existe beaucoup de facteurs ayant une incidence sur l’efficacité d’un traitement. Même lorsque celui-ci est réalisé à l’aide de médicaments homologués et en respectant scrupuleusement les indications, il arrive que leur action ne soit pas suffisante et qu’il subsiste un nombre de varroas résiduels (non impactés par le traitement) trop important qui met en péril la survie de la colonie et le déroulement de la saison apicole suivante. Il importe donc, de vérifier, le niveau de parasitisme après la fin du traitement.
Si, à l’automne, le nombre de varroas décomptés (en chutes naturelles) sur un lange (placé sous un plancher grillagé pendant quelques jours) est en moyenne de plus de 0,5 à 1 par jour (= « contrôle varroa positif »), il faut prévoir d’appliquer un traitement hors couvain, dit « hivernal » (voir plus loin).
Il existe plusieurs protocoles de lutte possibles en mettant à profit les propriétés de chacune des spécialités disponibles autorisées, et en combinant cette lutte chimique avec des méthodes dites biotechniques, comme le retrait du couvain de mâles (à réaliser au printemps surtout).
Il peut arriver aussi qu’un traitement puisse s’avérer nécessaire, en dehors de la période définie plus haut (après la dernière récolte estivale) si l’infestation menace la survie de la colonie.
2.2- phase 2 : traitement en période hors couvain (si contrôle varroa positif)
Si, après le traitement (post dernière récolte) le test de contrôle de l’infestation en varroa est positif, un autre traitement doit être appliqué en fin d’automne ou début d’hiver lorsque la quantité de couvain est nulle ou très faible. L’objectif est d’assurer un bon hivernage des colonies et de réduire la population d’acariens à un niveau le plus bas possible pour que la saison suivante elle n’atteigne pas un seuil dommageable avant le traitement de fin d’été.
La substance active la plus appropriée pour ce traitement, en raison de sa grande efficacité en l’absence de couvain, est l’acide oxalique. Il existe plusieurs médicaments qui en contiennent et qui peuvent donc être utilisées à cette période (en dégouttement, en sublimation ou en pulvérisation suivant les spécialités) en respectant les précautions pour l’utilisateur (protection indispensable) et pour les abeilles.
NB : L’utilisation de médicaments provenant de l’étranger même s’ils ont une AMM dans leur pays, n’est pas autorisée en France. Une AMM nationale est obligatoire.
Médicaments pour les abeilles
En France, tous les médicaments pour les abeilles, ayant une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) sont destinés à lutter contre le varroa.
A l’exception de l’APIVAR vendu en sachet de 60 rubans, tous sont accessibles sans ordonnance, soit en pharmacie, soit chez un vétérinaire (pour les animaux auxquels il apporte régulièrement ses soins), soit auprès d’une OSAD qui détient un agrément pharmacie (à condition d’être adhérent et de s’engager à suivre le PSE).
Ils sont actuellement au nombre de 14 (juin 2024).
- Api Bioxal® (acide oxalique)
- Apiguard® (thymol),
- Apiguard Multidose® (thymol)
- Apilife Var® (thymol, huile essentielle d’eucalyptus, camphre, menthol)
- Apistan® (fluvalinate)
- Apitraz® (amitraze),
- Apivar ® (amitraz)
- Bayvarol® (fluméthrine)
- Calistrip Biox® (Acide Oxalique)
- Formicpro® (acide formique)
- Oxybee® (acide oxalique)
- Thymovar ® (thymol)
- VarroMed® (acides oxalique et formique)
- Varroxal® (acide oxalique)
En France aucun médicament de lutte contre une autre maladie que la varroose n’est autorisé, et a fortiori aucun antibiotique.
NB : plusieurs médicaments autorisés par le passé (comme le Fumidil B pour la Nosémose ou le Périzin pour la varroose) n’ont plus d’AMM en France ce qui signifie qu’ils ne sont plus autorisés pour un usage en apiculture.
Par ailleurs la liste des médicaments de lutte contre le varroa s’étant considérablement étoffée les dernières années, il n’est plus envisageable pour un vétérinaire de prescrire des médicaments pour lutter contre ce parasite selon le principe de la cascade (médicaments n’ayant pas d’AMM pour les abeilles mais pour une autre espèce, ou médicaments n’ayant pas d’AMM en France mais dans un autre pays de l’UE, etc.).
